Temps de lecture:

Récit d'un voyage au Mexique (partie 2): Mexican Stories

Voici le second récit tant attendu (!) du voyage en terre mexicaine. Toute personne atterrissant à Mexico City est impressionnée par la grandeur de la ville et par ses extrémités s’étalant jusqu’en haut des collines. Arrivé de nuit et bercé par les milliers de lumières, le spectacle n’en fut que plus grandiose.

Se balader dans les rues de la capitale mexicaine est également une expérience à ne pas manquer : on y hume les différentes saveurs aussi bien dans les rues étroites que sur les longues artères. C’est probablement là que nous avons attrapé la tourista qui ne nous a plus quitté pendant le reste de notre séjour.

Outre Mexico, nous avons également parcouru les rues d’autres villes lors de nos aventures mexicaines et y avons pu découvrir une certaine vision futuriste de la nourriture 3.0, bien que présente depuis des siècles : les fameuses sauterelles de Oaxaca. Ce fut une excellente surprise, bien que beaucoup trop riches pour nos petits estomacs ; les petites larves d’insectes ajoutées comme garniture n’aidant pas.

Déambulant comme dans les rues de San Cristobal, les villes mexicaines nous ont charmés, non pas par leur foule parfois oppressante, mais surtout pour leur originalité à un tel point que nous avons eu la bonne idée de nous perdre dans la banlieue « chique » de Tuxtla Gutierrez. Là, même le sol est resté original, en terre et gravier, pavé des innombrables topetos mexicains, sortes de gendarmes couchés qu’il est absolument nécessaire de franchir à l’arrêt. Ce qui donne tout le loisir aux locaux d’apprécier les visiteurs et leur cargaison touristique. Non, il ne faut pas voir le mal partout, preuve en est, il ne nous est rien arrivé, même si voir trois fois la même voiture de location au même endroit en 1h30 peut paraître quelque peu… tentant.

Nous avons quitté la modernité pour nous rendre sur des sites historiques comme sur celui de Teotihuacan. 150 ans de construction pour construire la pyramide du soleil. C’est beau, cela inspire au respect. Il y a quelque chose de mystique, surtout lorsqu’on s’y rend tôt le matin et que l’on évite la horde de touristes. Une fois la pyramide de la lune atteinte, la chaleur et les touristes ont eu raison de nous et c’est un bon jus que nous avons pris à la sortie en attendant le bus du retour, bon jus contribuant à alimenter notre tourista.

Autre site non moins mythique : Palenque situé dans la région du Chiapas. S’il y a une constante sur cette planète, c’est bien la pauvreté des habitants des endroits les plus riches en ressources naturelles ; le Chiapas ne déroge pas à la règle. Pauvre en terme économique, mais riche dans l’hospitalité et la générosité des gens, et encore plus riche en terme de biodiversité. C’est dans une jungle luxuriante que nous avons progressé à pied dans une chaleur rendue étouffante par l’humidité tout en étant entourés par les cris des singes hurleurs pour déboucher sur le mythique site de Palenque !

En chemin vers le plus grand des océans, nous avons décidé de nous arrêter vers les chutes de Misol-Ha et la cascade d’Agua Azul. Il est toujours surprenant de se rendre compte que l’eau liquide, même si on peut la déplacer, la pénétrer et y nager, représente une certaine masse contre laquelle on ne peut lutter. Rien de plus illustratif que de sentir le souffle de l’eau sous une cascade de quelques dizaines de mètres de haut.

Déjà dans Origines mexicaines, j’avais mentionné l’esprit novateur des mexicains, conservateurs de la nature, en donnant l’exclusivité touristique aux pêcheurs ayant l’interdiction de pêcher lors des migration des baleines grises. Sur les côtes pacifiques de l’état de Oaxaca, à La Ventanilla, le village entier s’est mobilisé pour la préservation de la biodiversité en exploitant de manière respectueuse les ressources naturelles à leur disposition ainsi qu’en soignant les animaux blessés, notamment les bébés tortues Luth. Les habitants ont également décidé de faire connaître cet écosystème en faisant des visites guidées aux quelques touristes venant se perdre sur ces lieux magiques.

Pour la petite anecdote, c’est là où ma femme à commencer à demander s’il y avait des crocodiles dans toutes les rivières de tous les pays tropicaux que nous visitons (récit d'un voyage à Madagascar). Notre très sympathique guide en partage peut-être la responsabilité, car il nous a livré une drôle de petite histoire en nous prenant dans sa lancha (petite pirogue originellement utilisée pour la pêche). Après une soirée chez une habitante de La Ventanilla, probablement en raison de l’heure tardive, des restes de nourriture ont été oubliés dehors dans le jardin. Au petit matin, l’habitante a aperçu, non pas une colonie de fourmis terminant les restes, mais bien un beau gros crocodile. Elle n’a pas pris son fusil comme ses voisins nordistes, et de toute manière cela n’aurait servi à rien vu que les balles ricochent, elle a appelé les personnes qui s’occupent de gérer la mangrove qui ont l’expérience de reconduire ces géants lézards perdus au milieu de la population. Ouf, plus de peur que de mal et surtout une belle leçon de succès écologique.

La Ventanilla est située sur la côte pacifique de l’état d’Oaxaca non loin de Mazunte et Zipolite où nous logions. Là, nous avons pris le temps de "chiler", passant d’apéro au repas, du repas au dodo et du réveil au repas… Nuits toujours entrecoupées par notre tourista qui nous collait à la peau (euh…) que l’on allait cuver dans des toilettes aux portes battantes dignes d’un saloon avec vue sur les voisins que notre palapa laissait entrevoir. Mais quel décor et quel sentiment de liberté sur l’immensité du Pacifique…

Licence Creative Commons
Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

Sébastien Sollberger
Switzerland